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Le Bolchévik nº 199

Mars 2012

Troupes de l’ONU et de l’Union africaine, hors du Soudan, Nord et Sud !

L’indépendance du Soudan du Sud et l’héritage sanglant de l’impérialisme

25 janvier – Moins de six mois après son accession à l’indépendance, le Soudan du Sud est déchiré par les affrontements qui ont repris entre les Murles et les Nuers, deux tribus d’éleveurs. On estime que ces affrontements auraient fait jusqu’à 3 000 morts. Le gouvernement nouvellement constitué du Soudan du Sud, dont la sécession d’avec le Soudan fait suite à plusieurs décennies de lutte armée contre l’oppression du Nord, est lui-même une coalition hétéroclite de représentants des Nuers, des Zandés, des Shilluks, des Dinkas et d’autres peuples. A ceci s’ajoute la menace persistante d’un conflit militaire avec le Soudan. A l’approche de l’indépendance, des affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales soudanaises se poursuivaient dans les Etats frontaliers du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, qui appartiennent toujours au Soudan. Ces groupes avaient combattu au côté du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), le protagoniste principal de la lutte pour l’indépendance du Sud. Les combats le long de la frontière étaient devenus si violents en décembre dernier que le gouvernement du Soudan du Sud, qui siège à Juba, affirmait qu’on était à deux doigts d’une guerre.

Cette région frontalière est une mosaïque complexe des groupes ethniques faisant allégeance pour partie au Nord et pour partie au Sud. Le gouvernement du Nord, dont le siège est à Khartoum, ne fait pas mystère de son intention d’annexer des pans entiers de ce territoire, particulièrement riche en pétrole et en terres agricoles fertiles. Actuellement, le pétrole extrait au Soudan du Sud et dans les régions frontalières comme celle d’Abyei est acheminé par oléoduc vers le Nord pour y être raffiné et exporté. Comme Khartoum et Juba ne se sont toujours pas mis d’accord sur le partage des revenus du pétrole, le Sud, qui est un pays enclavé, a conclu un accord avec le Kenya pour construire un oléoduc vers le port de Lamu. Le Soudan du Sud accuse le Soudan de lui avoir confisqué une quantité de brut représentant 815 millions de dollars, et il a commencé le 23 janvier à arrêter sa production de pétrole, qui se montait à environ 350 000 barils par jour.

L’existence du gouvernement du Soudan du Sud dépend principalement de l’aide des Etats-Unis et des autres puissances impérialistes, pour qui ce pays très pauvre, presque totalement dépourvu d’infrastructures modernes, représente des profits potentiels fabuleux – à condition qu’ils puissent piller ses réserves de pétrole. Les Etats-Unis cherchent aussi à contrer l’influence de l’Etat ouvrier déformé chinois au Soudan du Sud et dans l’ensemble de la région. A Juba, les impérialistes gèrent d’ores et déjà les affaires de l’Etat par l’intermédiaire de soi-disant « organisations non gouvernementales » et grâce à des agences d’aide humanitaire, en même temps qu’ils font faire la police dans la région frontalière par des troupes des Nations Unies et de l’Union africaine (UA) opérant là-bas dans le cadre d’un contingent de 30 000 soldats de l’ONU et de l’UA déployés au Soudan et au Soudan du Sud. L’administration Obama ne s’est pas contentée de renforcer la présence diplomatique américaine à Juba. En octobre dernier, elle a annoncé que de petits commandos des forces spéciales américaines seraient déployés au Soudan du Sud, ainsi qu’en Ouganda, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Des drones de l’US Air Force opèrent également à partir de bases situées dans le sud de l’Ethiopie et à Djibouti dans le cadre d’une guerre par procuration contre les milices chebab en Somalie, et aussi pour mener des attaques contre des cibles au Yémen.

Le 20 janvier 2011, la population du Sud du Soudan s’est prononcée par référendum à une écrasante majorité pour l’indépendance. La tenue de ce référendum était l’une des clauses de l’accord de paix signé en 2005 entre Khartoum et les forces rebelles du Sud sous l’égide des impérialistes. Cet accord mettait fin à une guerre civile qui avait fait rage, par intermittence, pendant plus de 50 ans. Etant donné le caractère massif du soutien de la population à l’indépendance, nous soutenons, en tant que partisans de l’internationalisme prolétarien, la sécession et l’instauration d’un Etat séparé au Soudan du Sud.

En même temps, nous ne donnons aucun soutien politique au SPLM, qui est maintenant le parti bourgeois au pouvoir. Nous n’affirmons pas non plus que les Dinkas, les Nuers et les autres tribus constituent davantage que peut-être l’embryon d’une nation aux tout premiers stades de sa formation. Il ne faut pas se faire d’illusions : les dirigeants du Sud ne seront pas fondamentalement différents des régimes bourgeois du Soudan, de l’Ouganda, du Kenya et de l’Ethiopie, qui répriment avec brutalité les syndicats, oppriment les tribus minoritaires et s’engraissent avec les prébendes de la bureaucratie d’Etat.

Les marxistes sont pour l’égalité de toutes les nations ; nous sommes convaincus que la défense du droit démocratique à l’autodétermination a une importance particulière si l’on veut que la classe ouvrière des Etats oppresseurs se mobilise pour renverser sa propre classe dominante bourgeoise. Dans son article de 1913 « Notes critiques sur la question nationale », Lénine, le principal dirigeant de la Révolution prolétarienne d’octobre 1917 en Russie, écrivait à ce sujet : « Secouer tout joug féodal, toute oppression des nations, tous les privilèges pour une des nations ou pour une des langues, c’est le devoir absolu du prolétariat en tant que force démocratique, l’intérêt absolu de la lutte de classe prolétarienne, laquelle est obscurcie et retardée par les querelles nationales. »

Ceci s’applique pleinement à l’oppression historique par le Soudan des habitants du Sud, un groupe pré-national de peuples disparates qui ont été réunis dans une large mesure au fil des longues années de lutte armée contre le Nord. Il est d’une importance vitale pour le prolétariat du Soudan de s’opposer à toute tentative de son gouvernement bourgeois d’étrangler le Soudan du Sud et de le replacer sous le joug du Nord. Contrairement au Soudan du Sud, le Nord possède un prolétariat numériquement réduit mais qui a une longue histoire de combativité et qu’il est possible de mobiliser dans une lutte révolutionnaire, dans le cadre du combat pour un ordre socialiste mondial. Les organisations ouvrières soudanaises doivent en particulier revendiquer pour les centaines de milliers de personnes originaires du Sud les mêmes droits de citoyenneté que pour les nordistes. De même, les travailleurs égyptiens (le pays qui possède de loin le prolétariat le plus nombreux de toute l’Afrique du Nord) doivent défendre la minorité soudanaise en Egypte, qui subit une discrimination systématique et des violences meurtrières ; il y a eu par exemple un massacre d’au moins 23 réfugiés par les forces de sécurité en 2005 au Caire.

Les marxistes révolutionnaires exigent le retrait du Soudan et du Soudan du Sud de toutes les troupes de l’ONU et de l’UA, et la levée de toutes les sanctions impérialistes contre Khartoum. Il est particulièrement important que la classe ouvrière des Etats-Unis exige le retrait d’Afrique de toutes les forces spéciales américaines. Pour le moment, il n’y a pas de conflit militaire entre les troupes de l’ONU/UA et le gouvernement soudanais. Mais cela pourrait changer. Le site internet Bloomberg.com (18 janvier) indique par exemple que, du fait que le conflit dans les Etats frontaliers du Sud-Kordofan et du Nil Bleu accroît le risque de famine, la Maison Blanche envisage d’engager une opération « humanitaire » dans la région frontalière sans l’autorisation de Khartoum, ce qui pourrait bien provoquer un conflit militaire entre le Soudan et l’impérialisme américain.

Dans un conflit militaire concernant le Soudan du Sud qui opposerait le Soudan à des forces impérialistes, comme par exemple les Etats-Unis, l’ONU ou ses supplétifs de l’UA, la question de l’indépendance du Soudan du Sud serait subordonnée à la lutte contre l’impérialisme. Dans ce cas, les travailleurs de tous les pays doivent se placer du côté du Soudan contre les impérialistes, sans donner aucun soutien politique au régime réactionnaire d’Omar Hassan Al-Bachir de Khartoum.

Les multiples conflits soudanais, héritage du colonialisme

Le Sud et le Nord du Soudan furent réunis pour la première fois dans le cadre d’une seule et même économie politique dans les années 1820, quand une expédition turco-égyptienne envoyée à la recherche d’or et d’esclaves envahit le pays, vainquit les royaumes soudanais de la moyenne vallée du Nil et y instaura la domination turco-égyptienne. Avant cette invasion, le Sud du Soudan n’avait été que très peu affecté par les changements dynastiques dans les royaumes du Nord, dont l’expansion vers le Sud était restée bloquée par les royaumes dinka et shilluk. Douglas Johnson écrit dans son livre The Root Causes of Sudan’s Civil Wars [Les causes profondes des guerres civiles soudanaises, 2007] :

« Seules les forces égyptiennes réussirent à pénétrer au-delà [de ces royaumes] dans le bassin du Haut-Nil, amenant dans leur sillage marchands et aventuriers européens, égyptiens et soudanais du Nord en quête d’une exploitation commerciale du Sud […]. Le Sud, une fois incorporé dans sa totalité à l’Etat, devint un arrière-pays exploitable ; la stratification raciale se renforça et les gens du Sud furent généralement identifiés à un statut inférieur ; tout cela fut la conséquence du système économique et politique du colonialisme turco-égyptien. »

Tous les peuples soudanais ont leurs racines premières dans des tribus africaines noires. En termes d’apparence physique, la population du Nord, après de nombreux siècles de métissage avec les colons et les marchands arabes, est très similaire aux Africains noirs de la ceinture soudanienne qui s’étend à travers tout le continent, depuis la mer Rouge jusqu’à l’océan Atlantique. Mais l’élite de la moyenne vallée du Nil, d’où est issue la bourgeoisie au pouvoir au Soudan, se considère comme arabe et veut imposer cette identité à tout le pays et aux multiples minorités ethniques qu’elle domine.

Environ 70 % de la population soudanaise est musulmane. Au Soudan du Sud, la majorité des éleveurs, des pêcheurs et des paysans pauvres est adepte de différentes croyances religieuses africaines locales, tandis que la plus grande partie de la mince élite petite-bourgeoise a été éduquée dans des écoles tenues par des missionnaires et est de confession chrétienne. L’arabisation et l’islamisation qui ont transformé le Nord ne se sont pas étendues jusqu’au Sud. Le contact entre les deux parties du pays était en grande partie marqué par des actes hostiles, depuis les invasions de chasseurs d’esclaves venus du Nord jusqu’aux efforts des gouvernements soudanais successifs pour étendre leur domination vers le sud.

L’islam a été introduit au Soudan au VIIe siècle par des marchands itinérants arabes, mais il ne s’y est diffusé largement qu’à partir du XVe siècle, lorsque les classes dirigeantes indigènes des royaumes soudanais l’adoptèrent pour prévenir une invasion arabe en provenance d’Egypte. C’est le pouvoir turco-égyptien qui a entraîné le Soudan dans l’espace plus vaste de l’Empire ottoman. En 1885, quand l’Egypte sous domination britannique contrôlait encore le Soudan, une révolte conduite par le Mahdi, un dirigeant religieux islamique, aboutit à l’indépendance du pays. Le Mahdi instaura un Etat théocratique répressif basé sur la charia, précurseur du régime islamiste réactionnaire actuel.

Les forces du Mahdi occupèrent au bout de trois mois de siège la ville qui est aujourd’hui Khartoum et elles exécutèrent le gouverneur-général britannique, le général Charles Gordon. En représailles, les forces impérialistes britanniques sous le commandement d’Herbert Kitchener massacrèrent des dizaines de milliers de Soudanais. Les Britanniques mirent finalement la main sur le Soudan en 1898. La fin du XIXe siècle était l’époque de la « ruée vers l’Afrique » des impérialistes ; elle a façonné les frontières actuelles du Soudan et des autres pays du continent, à mesure que les puissances européennes rivales déchiraient les structures tribales et les sociétés agraires. La carte du Soudan a été dessinée en regroupant artificiellement une multitude de peuples, avec plus de 400 groupes ethniques et linguistiques rassemblés à l’intérieur de ses frontières.

Par leur politique coloniale de « diviser pour régner », les Britanniques ont exacerbé les divisions régionales, religieuses et raciales au sein de la population. En 1922, l’administration britannique, appliquant ce qu’on appellera la « politique du Sud », déclara que le Sud serait considéré comme constitué de « districts fermés » ; elle fit ainsi de la région un « zoo anthropologique », comme l’appela un commentateur empreint de mépris raciste. Les prosélytes islamiques furent bannis tandis que les missionnaires chrétiens étaient encouragés à convertir les habitants du Sud et à leur apprendre l’anglais. On découragea l’usage de l’arabe et le port du costume arabe. Les marchands arabes furent rapatriés au Nord, et tous les fonctionnaires musulmans égyptiens et soudanais furent retirés et remplacés par des Britanniques. Les contacts entre les populations du Nord et du Sud furent interdits.

La « politique du Sud » maintint le Sud dans une affreuse arriération économique. Les Britanniques concentraient au Nord les ressources, les routes et les écoles. La tendance ne s’inversa pas après l’accession du Soudan à l’indépendance en 1956. Les régimes qui se succédèrent à Khartoum abandonnèrent à leur sort le Sud ainsi que le Darfour, le Nil Bleu, le Sud-Kordofan et plusieurs autres provinces ; les investissements dans l’économie, les infrastructures et les services sociaux restaient concentrés dans la moyenne vallée du Nil, le « triangle d’or ». Ces inégalités de développement eurent un effet marqué, bloquant l’intégration sociale et politique des régions sous-développées. Ceci eut pour conséquence que le Nord et le Sud du Soudan restèrent ethniquement, économiquement et culturellement séparés, sans pratiquement rien en commun.

Le racisme profondément enraciné à l’encontre des populations du Sud est lui-même un héritage de conflits sociaux ancestraux, renforcés par la domination coloniale britannique. Le racisme est profondément ancré dans la culture de l’élite du Nord du Soudan ; il s’exprime dans l’usage généralisé du terme péjoratif abd (« esclave » en arabe) pour désigner les habitants du Sud. Cela remonte à la pratique séculaire de l’esclavage qui s’est perpétuée jusqu’à l’époque moderne. Les royaumes polythéistes et chrétiens du Nord et du centre du Soudan menaient activement des expéditions esclavagistes dans leur hinterland méridional. Les royaumes musulmans établis au XVIe siècle le long du Nil Bleu et de la moyenne vallée du Nil organisaient des razzias au pied des collines éthiopiennes, dans les montagnes nubiennes et les plaines du Nil Blanc, recrutant de force des esclaves pour leurs armées. Sous la domination turco-égyptienne, tout le Sud du Soudan fut livré aux razzias esclavagistes et l’exploitation de ses ressources fut ouverte.

On estime que, vers 1860, 12 000 à 15 000 esclaves étaient expédiés chaque année vers le nord. Les razzias et le commerce des esclaves se poursuivirent sous le régime du Mahdi. Et alors même que le gouvernement britannique était officiellement en faveur de l’abolition de l’esclavage, les autorités coloniales britanniques au Soudan laissèrent les razzias continuer. La pratique de l’esclavage avait pour l’essentiel disparu au moment de l’indépendance du Soudan, mais les razzias firent leur réapparition pendant la guerre civile contre le SPLM et les autres groupes d’opposition à la fin des années 1980 et au début des années 1990 ; des milices soutenues par Khartoum kidnappèrent alors et réduisirent en esclavage plus de 15 000 femmes et enfants originaires du Sud.

L’indépendance du Soudan et le début de la guerre civile

Les médias bourgeois occidentaux présentent la guerre civile au Soudan comme un conflit « entre Arabes et chrétiens » ou « entre musulmans et chrétiens ». Ces scénarios confortent le racisme anti-arabe et antimusulman qui caractérise la « guerre contre le terrorisme » des impérialistes ; mais ils dissimulent les vraies racines du conflit. Parmi celles-ci figurent en bonne place l’héritage de la domination turco-égyptienne et britannique ainsi que l’assujettissement séculaire des populations du Sud, les machinations impérialistes pendant la guerre froide contre l’Union soviétique et les conflits pour les matières premières, et notamment le pétrole. Loin d’être le produit d’un « choc des civilisations », la lutte des populations du Sud est l’expression d’une résistance à la domination économique ainsi qu’à l’oppression culturelle et politique. Le fait que des musulmans non arabes du Nord – par exemple les Noubas du Sud-Kordofan, les Ingassanas de la province du Nil Bleu et les Begas dans la région de l’Est – se sont joints dans les années 1980 et 1990 à la lutte des combattants indépendantistes du Sud vient démentir l’affirmation que la guerre serait un conflit entre musulmans et chrétiens.

Pour comprendre les origines de la lutte pour l’indépendance du Sud, il faut remonter à 1954, quand les impérialistes britanniques commencèrent avant de quitter le pays à transférer les postes administratifs à des nordistes. La proposition d’avoir un gouvernement fédéral fut écartée et les sudistes furent exclus de l’administration, y compris dans le Sud. Aux yeux des sudistes, la domination du Nord signifiait le transfert par les Britanniques du contrôle colonial aux ennemis traditionnels du Sud.

Les signes de mécontentement apparurent peu après la prise en main des postes administratifs au Sud par des nordistes ; elle provoqua le déclenchement d’une rébellion armée dans la ville de Torit en 1955. Suite à cette rébellion, le gouvernement central mena une campagne de terreur et de répression sanglante avec l’exécution sommaire des mutins, l’arrestation et la torture de nombreux civils et l’incendie de villages entiers. En même temps qu’il maintenait de force le Sud à l’intérieur des frontières du Soudan, le régime de Khartoum poursuivait une politique brutale d’arabisation et d’islamisation, y compris au moyen de conversions forcées. En 1964 le gouvernement expulsa du pays tous les missionnaires chrétiens étrangers et confisqua leurs écoles. L’arabe fut imposé comme unique langue officielle dans l’administration, et devint de plus en plus la langue d’enseignement. L’Etat subventionna la construction d’écoles coraniques et de mosquées, et le vendredi devint le jour de repos hebdomadaire au lieu du dimanche. Tandis qu’au Sud affluaient imams et enseignants, commerçants, militaires et policiers arabes, les sudistes installés au Nord subissaient discrimination et violences pogromistes.

En réaction à cette répression sanglante, une guérilla éclata dans le Sud à la fin des années 1950 et les affrontements se transformèrent en une véritable guerre civile. Les combattants sudistes menaient des actions de plus en plus importantes et infligeaient de lourdes pertes à l’armée soudanaise, grâce notamment à l’envoi d’armes et de conseillers militaires par Israël. Le gouvernement central accepta en 1972 de négocier avec la guérilla. Les deux camps signèrent l’accord dit d’Addis Abeba, qui prévoyait une autonomie régionale pour le Sud, et les hostilités cessèrent pendant les onze années qui suivirent.

La situation changea avec la découverte de pétrole dans la province du Haut-Nil, une des régions aujourd’hui contestées. Khartoum entreprit au début des années 1980 un redécoupage des frontières établies, afin d’amputer de plusieurs zones riches en pétrole la région autonome du Sud. De plus, le gouvernement imposa en 1983 la charia sur tout le territoire du pays, passant outre aux protestations des sudistes. C’est en réaction à ces mesures que se formèrent le SPLM et son bras armé, la guérilla du SPLA, sous la direction du colonel John Garang. S’ouvrit alors une deuxième période de guerre ouverte qui devait durer 22 ans.

Alors que la première guerre civile était restée cantonnée au Sud, la deuxième s’étendit à plusieurs territoires du Nord. Exploitant le mécontentement de plusieurs minorités ethniques opprimées du Nord, musulmanes pour beaucoup, le SPLM/SPLA affirmait dans son manifeste de 1983 qu’il ne luttait par pour la sécession mais, comme l’explique l’historien Jok Madut Jok, pour « libérer le pays tout entier de la tyrannie qu’exerce l’élite minoritaire des Arabes des bords du Nil » (Sudan : Race, Religion and Violence, 2007). Cet abandon de toute référence à l’indépendance du Sud était au fond une manœuvre visant à obtenir le soutien non seulement des minorités opprimées du Nord mais aussi des régimes bourgeois africains opposés à l’éclatement du Soudan. Ces régimes savaient bien qu’eux-mêmes gouvernaient des pays découpés par les impérialistes sans tenir compte des réalités ethniques et nationales, ce qui est la source de conflits intérieurs sans fin.

Le SPLM/SPLA réussit à recruter des militants et des combattants appartenant à de nombreuses minorités, ce qui lui permit d’étendre la guerre à plusieurs régions du Nord et d’ouvrir de nouveaux fronts dans les monts Nouba, la région de l’Est et le Nil Bleu méridional, de prendre le contrôle de territoires entiers et de désorganiser la production pétrolière. En 2005 le gouvernement central était militairement et économiquement aux abois ; sous la pression des Etats-Unis, il accepta de signer un « accord de paix global » qui prévoyait l’autonomie et un référendum d’autodétermination pour le Sud, ainsi qu’un partage des revenus du pétrole. Abandonnant ses alliés du Nord, le SPLM laissa tomber ses discours sur la « libération » du pays tout entier en même temps que son engagement proclamé en faveur d’un Soudan laïque. La suppression de la charia était limitée au Sud, puisque le SPLM abandonnait son opposition à ce qu’elle soit imposée au Nord.

Les « soldats de la paix » de l’ONU et de l’UA sont les flics de l’impérialisme

Depuis son indépendance il y a maintenant 56 ans, le Soudan a été continuellement (sauf pendant onze ans) sous la férule d’une succession de régimes militaires répressifs. La bourgeoisie au pouvoir a besoin d’un régime militaire pour maintenir son emprise sur les groupes ethniques indociles sans nombre qui, à différents moments, ont pris les armes contre le gouvernement central. Le conflit du Darfour oppose plusieurs groupes de peuples nomades musulmans, soutenus par le gouvernement central à Khartoum, à une population musulmane composée principalement d’agriculteurs. Il a eu pour résultat des massacres et des déplacements forcés de populations. La coalition « Sauvez le Darfour », qui rassemble des célébrités libérales, la droite chrétienne américaine et des sionistes, a saisi l’année dernière l’occasion d’une offensive menée par l’armée soudanaise contre des groupes rebelles dans les monts Nouba, le Sud-Kordofan et le Nil Bleu pour renouveler ses appels à accroître l’intervention de l’ONU et des impérialistes au Soudan.

L’ONU a servi tout au long de son histoire de couverture aux Etats-Unis et aux autres puissances impérialistes. Parmi une longue liste, on peut citer la guerre de Corée (1950-1953), qui a coûté la vie à plus de trois millions de Coréens, l’intervention militaire au Congo en 1960, sous couvert de laquelle la CIA et les impérialistes belges ont assassiné le dirigeant nationaliste Patrice Lumumba, et, dans les années 1990, les sanctions pour affamer l’Irak de Saddam Hussein. L’UA est elle aussi un instrument docile de ses parrains impérialistes. Comme nous l’écrivions dans une polémique contre la campagne pro-impérialiste pour « sauver le Darfour » (« Non à l’intervention de l’ONU et des impérialistes au Soudan ! », Workers Vanguard n° 877, 29 septembre 2006) :

« Les pays qui dominent l’ONU sont, à part les Etats-Unis, ces mêmes nations européennes – Grande-Bretagne, Allemagne, France – qui, avec la Belgique, ont saigné à blanc, asservi et exploité l’Afrique qu’elles ont dépecée pour servir leurs intérêts impérialistes. La Grande-Bretagne, pour sa part, avait massacré des centaines de milliers de personnes pour conquérir le Soudan. Appeler les impérialistes à apporter la paix et la liberté au Darfour, c’est comme espérer du renard non seulement qu’il protège le poulailler mais en plus qu’il y apporte de quoi manger. »

Les Etats-Unis accusent le régime de Khartoum de soutenir le « terrorisme » et lui infligent depuis 15 ans des sanctions économiques. Mais les « terroristes » d’aujourd’hui étaient hier des atouts de la CIA. Dans les années 1980, le régime militaire sanguinaire de Djafar al-Nemeiri était le troisième bénéficiaire de l’aide américaine à l’étranger, principalement sous la forme d’armes modernes et d’aide militaire ; l’administration Reagan voulait alors faire du Soudan un contrepoids régional à la Libye de Kadhafi et à l’Ethiopie qui était soutenue par l’Union soviétique. A l’époque, les Etats-Unis considéraient les rebelles du Sud comme une organisation « communiste » créée par l’Union soviétique pour déstabiliser un régime pro-occidental. Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991-1992, les Etats-Unis commencèrent à favoriser le Sud. Après avoir fourni une aide substantielle aux combattants du Sud, Washington joua un rôle déterminant dans la négociation et la mise en application de l’accord de paix de 2005.

En soutenant le Soudan du Sud, les impérialistes cherchent à consolider leurs positions au cœur du continent et accéder à ses ressources pétrolières, minières et autres. Après la signature de l’accord de paix, les Etats-Unis ont commencé à arroser de dollars le Sud du Soudan dans le but de renforcer le gouvernement régional et de « construire et transformer l’Armée populaire de libération du Soudan, la guérilla dans le Sud du Soudan, en une force armée professionnelle » (Foreign Policy in Focus, 17 mai 2010). Le général Carter Ham, le commandant de l’AFRICOM (l’état-major américain pour l’Afrique), s’est rendu au Soudan du Sud à deux reprises en l’espace de six semaines juste après la déclaration d’indépendance.

Les intérêts américains au Soudan et dans la région sont déterminés en grande mesure par la volonté des impérialistes de contrer l’influence croissante de l’Etat ouvrier déformé chinois. Pékin a signé avec le Soudan et d’autres pays africains de nombreux accords portant sur l’approvisionnement de l’industrie nationalisée chinoise en matières premières. La Chine a énormément investi au Soudan, où elle a construit des routes, des oléoducs, des ponts, des barrages, des hôpitaux et une raffinerie de pétrole. La China National Petroleum Corporation, une entreprise d’Etat chinoise, est le plus important investisseur étranger dans le secteur de l’énergie au Soudan et au Soudan du Sud, dont elle assure la moitié des exportations de pétrole.

La Ligue communiste internationale appelle à la défense militaire inconditionnelle de la Chine contre l’impérialisme et la contre-révolution capitaliste intérieure. De ce point de vue, comme nous l’expliquions dans notre article « Clameurs hystériques sur le rôle de la Chine en Afrique » (le Bolchévik n° 198, décembre 2011), nous soutenons le droit de la Chine à faire du commerce afin de se procurer ce dont elle a besoin pour son développement. Nous savons cependant que les programmes commerciaux de la bureaucratie stalinienne de Pékin ne sont pas déterminés par l’internationalisme prolétarien mais par ses propres intérêts étroitement nationalistes. Dans cet article, nous expliquions à cet égard : « Opposé à la perspective de la révolution prolétarienne internationale, le régime du PCC s’accommode de l’impérialisme […] et donne un soutien militaire et politique aux régimes bourgeois “amis” en Afrique et ailleurs qui répriment brutalement les ouvriers et les pauvres des villes et des campagnes. » Nous appelons à une révolution politique prolétarienne pour chasser la bureaucratie stalinienne chinoise et la remplacer par un gouvernement des conseils ouvriers et paysans déterminé à lutter pour le socialisme mondial.

Le rôle de la Chine dans les « opérations de maintien de la paix » de l’ONU, autrement dit dans des opérations de répression sanglantes pour imposer les diktats impérialistes, montre de façon flagrante la politique de conciliation des staliniens chinois envers l’impérialisme. Aujourd’hui, de tous les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine est le plus important contributeur aux missions de « maintien de la paix » des Nations Unies. Nous disons que la Chine doit mettre fin à sa participation aux missions militaires de l’ONU.

Pour la révolution permanente !

Le Soudan du Sud est un des endroits les plus pauvres et les moins développés de la planète. La misère qui y règne est indescriptible. La majorité de la population survit avec moins de 75 centimes par jour. Un enfant sur dix meurt avant son premier anniversaire. On estime que 80 % des adultes (92 % pour les femmes) ne savent ni lire ni écrire. Les masses qui vivent dans la misère ne verront pas la couleur des milliards de dollars de revenus pétroliers attendus, tandis qu’une élite dirigeante corrompue se goinfrera de prébendes. Le poids de l’arriération est énorme, l’industrie moderne est pratiquement inexistante, et il n’y a pas à proprement parler de classe ouvrière.

Le sort des populations du Soudan du Sud dépendra fondamentalement de la lutte pour la révolution prolétarienne au Soudan et au-delà. Il existe au Soudan un prolétariat peu nombreux mais combatif, constitué principalement par les ouvriers du pétrole et du textile, les dockers et les cheminots. Comme l’industrie manufacturière est très réduite, la bourgeoisie est principalement composée de généraux, de ministres, d’entrepreneurs vivant de contrats publics et de marchands. La bourgeoisie soudanaise qui impose sa domination à une population paupérisée est totalement soumise à l’impérialisme. Le régime d’Al-Bachir est actuellement brouillé avec Washington. Mais il y a moins de cinq ans le Département d’Etat américain le présentait comme « un partenaire solide dans la guerre contre le terrorisme », car à cette époque il collaborait secrètement avec la CIA, mettait en place un réseau d’informateurs pour espionner les insurgés irakiens et détenait des suspects qui étaient expédiés à Khartoum pour y être interrogés par des agents américains (Los Angeles Times, 11 juin 2007). Al-Bachir, qui est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1989, a assassiné, emprisonné et torturé des milliers de communistes, de travailleurs et de militants nationalistes laïques.

Ceci n’empêche pas le Workers World Party (WWP) américain de faire l’apologie du régime Al-Bachir, dont il vante constamment la soi-disant « indépendance » envers Washington. Le WWP écrivait dans un article publié le 9 janvier 2011 sur son site internet workers.org (« Les Etats-Unis cherchent à influencer le référendum au Soudan ») : « La division du Soudan et l’intensification du conflit militaire ne peuvent qu’accroître la capacité des Etats impérialistes à dicter l’avenir de la région. » Avec ce soutien implicite du WWP au maintien par la force du Sud au sein de l’Etat soudanais, le WWP exprime son soutien politique au régime sanguinaire d’Al-Bachir. A l’époque impérialiste, les bourgeoisies coloniales et semi-coloniales ne peuvent pas être autre chose que des intermédiaires agissant pour le compte de l’impérialisme, et Al-Bachir ne fait pas exception à la règle.

Dans une économie mondiale dominée par les puissances impérialistes, les pays néo-coloniaux économiquement retardataires d’Afrique n’ont pas la moindre chance d’accéder à un développement économique et social significatif. La clé pour ouvrir la voie à l’égalité sociale et à un progrès économique qualitatif dans les pays retardataires, c’est la perspective de la révolution permanente élaborée par Léon Trotsky. Comme l’a montré la Révolution d’octobre 1917 en Russie, dans les pays à développement capitaliste retardataire c’est seulement la prise du pouvoir par le prolétariat, soutenu par les masses paysannes pauvres, qui permet d’accomplir des tâches démocratiques fondamentales comme la révolution agraire, en même temps que commence la reconstruction socialiste de la société. Pour jeter les bases nécessaires à la réalisation du socialisme, une société d’abondance matérielle, il faudra l’extension de la révolution prolétarienne aux principaux pays capitalistes avancés, qui possèdent la technologie et les ressources matérielles indispensables à un développement sous toutes ses facettes.

Sans la dictature du prolétariat, les masses soudanaises, au Nord comme au Sud, ne pourront pas être libérées du joug de la domination impérialiste et de la misère qui les accable. En même temps, la perspective d’un développement socialiste au Soudan dépend avant tout de la lutte pour la révolution socialiste dans l’Egypte voisine, avec laquelle le Soudan partage une histoire longue et douloureuse, et en Afrique du Sud, qui avec l’Egypte est dotée du plus important prolétariat d’Afrique. En dernier ressort, la lutte pour la transformation socialiste de l’Afrique doit être liée à la lutte pour le pouvoir prolétarien dans les métropoles impérialistes.

Les leçons amères de l’histoire

Pour dégager le prolétariat soudanais de l’emprise empoisonnée du nationalisme bourgeois et de la réaction religieuse, il faudra forger un parti d’avant-garde léniniste-trotskyste. Pour ce faire, il est indispensable de tirer les leçons de l’histoire, y compris de la terrible défaite que le prolétariat a subie en 1971 sous la direction du Parti communiste soudanais (PCS) stalinien.

Fondé au milieu des années 1940 comme un prolongement du mouvement communiste égyptien, le Mouvement soudanais de libération nationale, qui deviendra plus tard le PCS, s’implanta rapidement pour devenir un parti de masse et l’un des plus grands partis communistes du continent. Historiquement, il ne le cédait en taille et en influence qu’au Parti communiste sud-africain. Parti hégémonique dans le prolétariat, le PCS avait aussi une large influence dans l’intelligentsia et la petite bourgeoisie urbaine ainsi que parmi les paysans, ce qui lui permit de faire élire plusieurs de ses membres députés au parlement. Dans le mélange hétérogène de minorités nationales, ethniques et religieuses qu’était le Soudan, le PCS était à peu près la seule organisation politique ayant une base qui transcendait les divisions nationales et religieuses ; il avait des sympathisants au Nord comme au Sud. Il lui revient aussi d’avoir fait élire la première femme députée au Soudan. Cependant, conformément au schéma menchévique/stalinien de « révolution par étapes », le PCS plaça le prolétariat combatif sous la dépendance d’une bourgeoisie nationale soi-disant « progressiste » et « anti-impérialiste ».

Le PCS rompit avec les communistes égyptiens sur la question de leur soutien au régime nationaliste bourgeois dirigé initialement par Muhammad Néguib puis par le colonel Gamal Abdel Nasser. Le PCS qualifiait Nasser et Cie de « chiens courants de l’impérialisme américain », mais pratiquait en même temps la collaboration de classes sur son propre terrain en soutenant plusieurs gouvernements bourgeois ou en y participant. Du fait du rôle dirigeant qu’il avait joué dans la grève générale qui avait provoqué la chute du régime du général Ibrahim Abboud en 1964, le PCS et ses partisans se virent gratifiés de la majorité des sièges dans un gouvernement bourgeois de transition. Englué de plus en plus profondément dans la collaboration de classes, le PCS s’accommoda de l’insistance de la classe dirigeante du Nord à procéder à une unification forcée du pays. Il abandonna la revendication d’autodétermination pour le Sud qu’il avait avancée jusque-là en faveur de celle d’une autonomie régionale – c’est-à-dire le maintien du Sud opprimé au sein d’un Soudan unifié.

Après les élections législatives de 1965, un des premiers actes du nouveau parlement fut de dissoudre le PCS et d’exclure ses députés. La destruction du PCS fut l’œuvre du colonel Nemeiri, qui prit le pouvoir en 1969 avec le soutien des officiers membres du PCS. Nemeiri fit rapidement un tournant à droite, chassa du régime militaire les officiers du PCS et emprisonna les principaux dirigeants du parti. Après une tentative de coup d’Etat ratée du PCS en 1971, la majorité des dirigeants du parti furent exécutés et des milliers de cadres du PCS furent emprisonnés. En 1985, le PCS clandestin joua un rôle décisif dans une grève générale contre Nemeiri. Mais le parti ne rompit jamais avec la « révolution par étapes », un programme de trahison. Les trahisons criminelles qu’il avait commises en désarmant la classe ouvrière et en l’enchaînant à ses exploiteurs créèrent une atmosphère de désespoir et un sentiment de défaite qui pava la voie à la montée des intégristes islamiques qui gouvernent maintenant le pays.

Aujourd’hui, le PCS n’est plus que l’ombre de lui-même. Il est réduit au rang de partenaire subalterne dans l’Alliance démocratique nationale, la coalition qui rassemble tous les partis opposés au régime actuel, y compris une faction intégriste islamique qui a scissionné du Parti du congrès national au pouvoir. Comme l’ont montré les expériences tragiques faites au Soudan et ailleurs, la « révolution par étapes » se termine par la répression meurtrière des communistes et de leur base ouvrière par la bourgeoisie, et la « deuxième étape » (la révolution socialiste) n’arrive jamais.

Dans presque toute l’Afrique sub-saharienne, il n’existe que des poches d’industrialisation marginales. Cependant, il y a des ouvriers du pétrole au Nigeria, en Angola, en Guinée-Bissau et au Soudan, des dockers et des cheminots au Kenya, des mineurs en Zambie et au Congo. Ces secteurs isolés mais potentiellement puissants du prolétariat international doivent se lier avec le prolétariat industriel d’Afrique du Sud et d’Egypte, qui a un rôle crucial à jouer dans une perspective révolutionnaire sur le continent. Pour cela, il faut forger dans toute la région des partis ouvriers révolutionnaires qui détacheront le prolétariat des régimes nationalistes bourgeois, des partis d’opposition et des forces religieuses réactionnaires auxquels il est aujourd’hui subordonné. La Ligue communiste internationale (quatrième-internationaliste) s’est fixé comme tâche de construire de tels partis, sections d’une Quatrième Internationale reforgée, le parti mondial de la révolution socialiste.

– Traduit de Workers Vanguard n° 995, 3 février

 

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